Le marché des applications mobiles a changé de nature. Pendant dix ans, il a grossi par le volume : plus de smartphones, plus de téléchargements, plus d’apps. Cette phase est terminée. En 2025, les téléchargements mondiaux stagnent quasiment, mais les dépenses des utilisateurs, elles, n’ont jamais été aussi élevées. Pour un porteur de projet qui veut créer une application mobile, cette bascule change tout : la question n’est plus d’exister sur les stores, mais de mériter sa place sur l’écran d’accueil.
Chez Squirrel, nous développons des applications mobiles depuis 2014. Nous avons vu passer la ruée vers l’or des stores, la vague des apps d’entreprise, puis celle des abonnements. Voici notre lecture des chiffres 2025-2026, et surtout ce qu’ils impliquent concrètement quand on lance un projet.
Sommaire
ToggleLe marché des applications mobiles en chiffres
Les données les plus fiables du secteur viennent de Sensor Tower (qui a absorbé data.ai, l’ex App Annie). Son rapport State of Mobile 2026 dresse le bilan de l’année 2025 sur l’App Store et Google Play.
| Indicateur (2025, monde) | Chiffre | Évolution |
|---|---|---|
| Téléchargements (App Store + Google Play) | Près de 150 milliards | +0,8 % sur un an |
| Dépenses des utilisateurs (achats intégrés et apps payantes) | 167 milliards de dollars | +10,6 % sur un an |
| Temps passé dans les applications | 5 300 milliards d’heures, soit 3,6 h par jour et par utilisateur | +3,8 % sur un an |
| Revenus des apps hors jeux | Supérieurs aux jeux pour la première fois | +21 % sur un an |
| Dépenses dans les apps d’IA générative | Plus de 5 milliards de dollars | Revenus triplés en un an |
Source : Sensor Tower, State of Mobile 2026 (données 2025, App Store et Google Play, hors stores Android alternatifs).
Un marché des applications mobiles mature, pas saturé
Le contraste est frappant : +0,8 % de téléchargements, +10,6 % de dépenses. La croissance ne vient plus de nouveaux utilisateurs, elle vient d’utilisateurs qui paient davantage dans les apps qu’ils gardent. Selon Sensor Tower, un mobinaute utilise en moyenne 34 applications par mois. Le vrai combat se joue là : entrer dans ces 34, puis y rester.
Côté équipements, StatCounter mesure début 2026 environ 70 % de parts de marché mondiales pour Android et 29 % pour iOS. Mais attention au piège classique : malgré sa base installée bien plus réduite, iOS concentre environ 70 % des dépenses mondiales dans les apps. Le choix de plateforme dépend donc de votre modèle : audience maximale côté Android, monétisation par utilisateur côté iOS. Sur la plupart des projets que nous cadrons, la réponse est un développement cross-platform qui couvre les deux pour un budget maîtrisé.
Ce que nous en retenons pour vos projets : le succès d’une application ne se mesure plus en téléchargements. Les indicateurs qui comptent en 2026 sont la rétention à 30 jours, le revenu par utilisateur actif et le coût d’acquisition. Nous les intégrons dès le cadrage, pas après le lancement.
Les tendances qui structurent le marché en 2026
L’IA générative, nouveau moteur du marché
C’est la lame de fond de la période. Toujours selon Sensor Tower, les applications d’IA générative ont dépassé 3,8 milliards de téléchargements en 2025 (deux fois plus qu’en 2024) et le temps passé dans ces apps a atteint 48 milliards d’heures, soit 3,6 fois le niveau de l’année précédente. Les utilisateurs ont pris l’habitude d’assistants qui comprennent le langage naturel, et ils attendent désormais ce niveau de service partout.
Concrètement, cela ne veut pas dire que votre application doit devenir un chatbot. Cela veut dire que des fonctionnalités hier coûteuses (recherche intelligente, résumé automatique, personnalisation des contenus, saisie assistée) sont devenues accessibles via des API matures. Nous détaillons les cas d’usage rentables dans notre article sur l’intelligence artificielle dans les applications mobiles.
L’abonnement s’impose, mais il se mérite
Le modèle par abonnement continue de gagner du terrain hors jeux. Le rapport State of Subscription Apps 2026 de RevenueCat, qui agrège les données de plus de 100 000 applications, montre toutefois un marché à deux vitesses : la moitié des apps font croître leur revenu récurrent d’au moins 5,3 % par an, pendant que le décile le moins performant s’effondre. Autre signal fort : les applications lancées avant 2020 captent encore près de 70 % des revenus d’abonnement.
La leçon est claire. Un paywall ne transforme pas une app moyenne en machine à revenus. L’abonnement fonctionne quand la valeur est récurrente par nature : un service utilisé chaque semaine, des contenus renouvelés, un outil intégré dans une routine. Sinon, mieux vaut un achat unique ou un modèle freemium bien calibré.
Santé et bien-être, une catégorie qui paie
Les applications de santé et de fitness ont dépassé 4 milliards de dollars d’achats intégrés en 2025 d’après Sensor Tower, un doublement en cinq ans. C’est une catégorie que nous connaissons bien pour y avoir livré plusieurs projets, et elle illustre une règle générale : les utilisateurs paient pour des apps qui produisent un résultat mesurable dans leur vie réelle. Elle impose aussi des exigences fortes sur la protection des données de santé, à anticiper dès la conception (RGPD, hébergement, consentement).
Le smartphone, premier canal du commerce en ligne français
En France, la Fevad chiffre le e-commerce à 196,4 milliards d’euros en 2025, en hausse de 7 %. Surtout, 65 % des acheteurs en ligne commandent désormais depuis leur smartphone, et 55 % des ventes du Black Friday 2025 ont été finalisées sur mobile. Pour un commerçant ou une marque, l’app n’est plus un gadget de fidélisation : c’est le canal où se joue une part croissante du chiffre d’affaires, avec des taux de conversion supérieurs au site mobile dès que l’audience est récurrente.
Ce que ces tendances changent pour votre projet d’application
Un marché mature ne se traverse pas avec les méthodes d’un marché naissant. Voici ce que nous appliquons sur les projets que nous accompagnons depuis 2014.
Cadrer avant de coder
Sur un marché où l’utilisateur moyen se limite à 34 apps par mois, une application qui ne répond pas à un besoin précis n’a aucune chance. Le cadrage initial (cible, parcours critique, indicateur de succès) est l’étape que les porteurs de projet veulent souvent raccourcir. C’est pourtant celle qui évite de dépenser six mois de développement sur une fausse bonne idée. Notre méthode : un périmètre resserré pour la première version, testé vite, enrichi ensuite.
Traiter l’expérience utilisateur comme un investissement
Les 3,6 heures quotidiennes passées dans les apps ont un revers : les standards d’exigence sont fixés par les meilleures applications du monde. Un onboarding confus, des écrans lents, une inscription trop longue, et l’utilisateur repart avant d’avoir vu la valeur. Le design UX/UI n’est pas la couche cosmétique du projet, c’est ce qui détermine la rétention. Notre agence mobile intègre systématiquement cette phase avant la première ligne de code.
Choisir un modèle économique cohérent avec l’usage
Abonnement, achat intégré, publicité, licence B2B : chaque modèle impose ses contraintes de produit. Le pire choix est celui fait par défaut. Nous aidons nos clients à trancher pendant le cadrage, parce que le modèle économique conditionne l’architecture, le parcours et même le budget de développement. Pour situer les ordres de grandeur, notre guide sur le coût d’une application mobile détaille les postes qui pèsent vraiment.
Prendre la sécurité et la visibilité au sérieux
Deux chantiers restent sous-estimés. La sécurité d’abord : une app manipule des données personnelles, parfois des paiements, et le RGPD ne laisse plus de place à l’improvisation. La visibilité ensuite : le référencement sur les stores (ASO) se travaille comme le SEO d’un site, avec des mots-clés, des visuels testés et des avis entretenus. Publier une app sans plan d’acquisition, c’est ouvrir une boutique sans enseigne dans une rue de 150 milliards de vitrines.
Notre position : le marché des applications mobiles n’a jamais autant récompensé les projets bien conçus, ni autant sanctionné les autres. La barrière à l’entrée n’est plus technique, elle est stratégique. C’est une bonne nouvelle pour les porteurs de projet sérieux.
Questions fréquentes sur le marché des applications mobiles
Le marché des applications n’est-il pas saturé pour se lancer en 2026 ?
Les téléchargements stagnent, mais les dépenses progressent de plus de 10 % par an selon Sensor Tower. Le marché ne manque pas de place, il manque d’applications utiles. Un projet qui règle un vrai problème pour une cible identifiée trouve son public, y compris face à des acteurs installés.
Faut-il développer sur iOS ou Android en premier ?
Android domine le parc mondial (environ 70 % selon StatCounter), iOS concentre l’essentiel des dépenses. En France, les deux audiences sont significatives. Dans la majorité des cas, nous recommandons un développement cross-platform (Flutter notamment) qui couvre les deux stores avec un seul code, pour un budget proche d’un développement natif unique.
Combien coûte le développement d’une application mobile ?
Tout dépend du périmètre : de 15 000 à 30 000 euros pour un MVP resserré, davantage pour une plateforme avec back office, paiements et API. Le plus fiable reste d’estimer votre propre projet, fonctionnalité par fonctionnalité, avec notre simulateur gratuit.
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